Comprendre les crises internationales du 21ème siècle

jeudi 25 février 2016

Comprendre l'opposition entre Sunnites et Chiites dans le monde Musulman

L'Islam compte 1,6 milliard de fidèles dans le monde et comme dans toutes les religions, il existe des courants plus où moins divergents. Nous allons dans cette publication faire la lumière sur ce qui différencie et oppose Sunnisme et Chiisme, les deux principales branches de la seconde plus grande religion de notre planète.

L'origine
Tout commence en 632, à la mort du prophète Mahomet, les Musulmans, jusqu'alors unis se trouvent face à l'épineuse question de la succession: qui deviendra le commandeur des croyants et gouvernera le royaume? Les Sunnites choisissent Abu Bakr, fidèle compagnon du prophète (et son beau-père) tandis que les Chiites soutiennent Ali, le gendre (et cousin) de Mahomet.
Royaume d'Abu Bakr - Soruce: Wikipedia
Les Sunnites l'emportent et Abu Bakr devient le premier Calife sur le territoire de l'actuelle péninsule arabique. Toutefois les Chiites n'abandonnent pas leur vision et continuent de considérer Ali comme le digne héritier du prophète.

A la mort d'Abu Bakr, Ali tente un retour en force mais se heurte aux héritiers du défunt, déclenchant une guerre qui durera 25 ans, jusqu'à son avènement en tant que Calife. Puis il mourut assassiné par des membres mécontents d'un sous-courant du Chiisme, relançant à nouveau la guerre de succession.

Depuis lors, et jusqu'à aujourd'hui, chacun des deux courants a gardé fidélité aux héritiers d'Abu Bakr pour les Sunnites et Ali pour les Chiites.

Au fil des siècles des différences d'appréciation de l'Islam sont apparues, nourrissant l'opposition fraternelle.


Les grandes différences
1. Le Coran: Pour les Sunnites, il est un ouvrage à caractère divin tandis que les Chiites, le voient comme une oeuvre humaine.

2. La Sunna: Les Sunnites sont en plus du Coran, fidèles à la Sunna. C'est la somme des paroles et actes du prophète, regroupés sous la forme de "l'enseignement du prophète". Ils tentent par son biais, de l'imiter dans leur mode de vie. Les Chiites sont plus favorables à une certaine forme de "libre arbitre" dans leur façon de vivre.

3. L'Imam: Pour les Sunnites l'Imam est un guide nommé par ses pairs, dont le rôle n'est pas capital; tandis que pour les Chiites, il est le trait-d'union divin entre les Hommes et Allah.


La querelle ravivée
Les Sunnites représentent 85% de la population musulmane dans le monde, les Chiites et ses courants affiliés constituent le reste. Jamais depuis son apparition les Chiites n'ont été majoritaires au sein de la communauté.

Carte des Sunnites & Chiites dans le monde - Source: lemonde.fr
En 1979, un événement majeur dans la relation entre les deux courants a eu lieu. La révolution populaire contre les Shahs d'Iran, porte l'Ayatollah Khomeini au pouvoir du pays. Un chef religieux Chiite se retrouve donc à la tête d'une nation musulmane.
Et plutôt que de faire profil bas, ce nouveau leader appelle ouvertement au renversement de Saddam Hussein son voisin irakien; au motif que ce dernier est Sunnite (et laïque!) dans un pays à majorité Chiite.
L'Arabie Saoudite voit d'un très mauvais œil ce nouveau joueur venu perturber les monarchies-religieuses dont le règne repose sur plusieurs siècles d'Histoire. Elle soutient donc l'Irak dans une guerre qui dura 8 ans et fit 1 000 000 de morts.

Dès lors, la rupture moderne est consommée et la rivalité se maintien jusqu'à aujourd'hui, accentuée par des enjeux politiques.

Querelle à nouveau, ravivée, à travers les récentes guerres du Moyen-Orient, où Sunnites et Chiites s'affrontent directement. Ainsi l'Iran a pris position dans la guerre civile Syrienne au profit du président-dictateur, Bashar Al-Assad, issu des Alaouites (sous-courant du Chiisme). Simultanément la révolte Chiite des Houthis au Yémen est soutenue par l'Iran tandis que les forces gouvernementales Sunnites sont supportées par l'Arabie Saoudite.
Ces affrontements indirectes (proxy wars en anglais) seront le sujet d'articles propres.


L'opposition actuelle entre ces deux courants repose désormais essentiellement sur une lutte d'influence, sous couvert de désaccords idéologiques, à travers laquelle, chaque régime souhaite la chute du modèle étatique de son adversaire, pour la simple est bonne raison que les deux sont antagonistes.

2 commentaires:

  1. Intéressant mais l'histoire de la succession au califat n'est pas correcte.
    Ali n'a jamais tenté de retour en force et n'a jamais voulu forcer à être calife.
    D'ailleurs les problèmes n'ont pas commencé lors de la mort du prophète mais pendant le 3ème calife (Othmane).
    Pendant les 2 premiers califats il n'y a pas eu de réelle scission. Abu Bakr et Omar avaient été choisi par le consensus de la communauté. Othmane a été élu par consensus entre 6 hommes dont Ali faisait parti ! Il avait d'ailleurs dit lui-même que Ohtmane méritait mieux que lui, et ce dernier avait dit la même chose à propos d'Ali.
    Mais pendant le califat d'Othmane, il y a eu de fausses rumeurs qui se sont propagées dans certaines régions (en Egypte notamment) principalement à cause du fait qu'Othmane n'ayant pas du tout le même caractère que son prédécesseur, laissait passer certaines choses et causait donc le mécontentement de certains gouverneurs. Il y a eu une grande zizanie et Othmane étant déjà vieillissant, ses détracteurs ont comploté un assassinat.
    Il fût assassiné et Ali faut horrifié de cet événement. Les mêmes personnes qui faisaient par du consensus pour le califat d'Ohtmane, lui demandèrent de prendre la succéssion, mais il refusa au début. Il fini par accpeter.
    A partir de cet assissanat, une grande discorde a débuté. Certains voulaient faire passer en justice les assassins et d'autres (dont Ali) ne voulaient pas pour calmer la situation.
    Cependant le gouverneur de Syrie de l'époque (Muawiya Ier) qui était de la famille d'Othmane (et aussi peut-être à cause de rumeurs comme quoi Ali aurait été favorable à l'assassinat d'Othmane) décide de mener une bataille contre Ali (bataille de Siffin. Il y a eu aussi la bataille du Chameau juste avant). Au cours de la bataille, Ali décida d'accepter un arbitrage (bien qu'ayant l'avantage). Certains de ses partisans lui reprochèrent de choisir un arbitrage humain et se séparèrent de lui (et plus tard voudront aussi l'assassiner...). Ils sont appelés les khawarij (les sortants). Ils considèrent qu'ils peuvent tuer tout musulmans qui ne sont pas d'accord avec eux. Ce sont les mêmes genre de personnes que DAESH aujourd'hui. Ils finissent par assassiner Ali. Avec toutes ces histoires, ceux qui soutenaient Ali ont continué à le soutenir après sa mort, tout comme ses deux fils Hassan et Hussein qui furent aussi assassinés. Le chiisme a pris de l'ampleur à ce moment là et soutient depuis la famille d'Ali

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